Le programme TERSAA repose sur une double approche, à la fois multi-thématique mais aussi territoriale ciblant l’ensemble des d’acteurs impliqués sur la chaine de valeur, depuis la production jusqu’à la consommation des produits agricoles.

À travers son action, le programme TERSAA appuie trois modèles de commercialisation différents :
  • en renforçant par exemple les coopératives agricoles qui gèrent elles-mêmes les ventes,
  • en renforçant des entreprises impliquant les producteurs locaux dans leur gestion et gouvernance,
  • en soutenant des structure indépendantes (centrale de distribution), qui se sont vus déléguées par les organisations de producteurs (OP) et les unités de transformation (UT) la distribution et la mise sur le marché de leurs produits locaux.

Malgré la dégradation du contexte sécuritaire, tant en Afrique de l’Ouest qu’en Amérique Latine, et l’impact des changements climatiques (sécheresse, inondations, etc.) sur les activités du programme, Acting for Life et ses partenaires locaux observent des résultats très satisfaisants.

Accompagnement des producteurs et productrices vers de nouveaux débouchés commerciaux

La professionnalisation et la structuration des organisations et de leurs modèles de mise en marché des produits locaux, à travers la mutualisation des moyens de distribution notamment, constituent le premier résultat attendu du programme TERSAA.

Afin d’assurer la montée en compétences des organisations accompagnées par le programme TERSAA, plus de 1000 personnes ont bénéficié de formations à la gestion entrepreneuriale (ex : gestion financière et contractualisation, stratégie marketing et commerciale, élaboration des plans d’affaires, etc.) et à l’économie sociale et solidaire (ESS). Dans la continuité de cet appui, et afin de mutualiser certaines fonctions de distribution sur les principes de l’ESS, le programme TERSAA a permis la construction et l’aménagement de huit lieux de stockage et de vente. Aujourd’hui en fonctionnement, ces lieux de vente physiques et/ou virtuels représentent un véritable levier pour assurer de nouveaux débouchés commerciaux, en garantissant la visibilité et la disponibilité des produits alimentaires locaux.

Vers l’adoption de pratiques durables et résilientes

Plus de 1600 producteurs (dont 55% de femmes) ont bénéficié de formations et d’un accompagnement technique pour soutenir l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. La bonne appropriation de ces pratiques a permis de voir 1964 hectares de terres cultivées en transition dont 45% en Afrique de l’Ouest et 55% en Amérique latine. En Colombie, certains hectares aménagés sont aujourd’hui 100% agroécologiques/bio, voire même certifiés en ce qui concerne le café.

Le programme TERSAA, à travers son approche globale, s’est aussi efforcé de mettre à disposition des producteurs des moyens pour favoriser leur transition vers l’agroécologie. Cela se traduit par l’aménagement de 224 hectares de terres pour une meilleure gestion de l’eau (irrigation de périmètres maraîchers), la construction de 18 serres et de 3 aires de séchage, ou encore la dotation de 800 agriculteurs en intrants de qualité.

Afin de pérenniser l’adoption de pratiques durables et résilientes, il est aussi essentiel d’appuyer l’installation des jeunes agriculteurs et agricultrices dans ce sens. Ainsi, 151 jeunes ont reçu des formations dans le domaine agro-sylvo-pastoral et sur des thématiques transversales, dont 30% de femmes. À l’issue de ces formations, des kits d’appui à l’installation (dotation en matériel, équipement et intrants) et un suivi technico-productif ont été fournis à près de 90% d’entre eux afin de les aider à poursuivre ou à démarrer une nouvelle activité.

Mobilisation des acteurs pour un développement durable des systèmes alimentaires

Une partie du programme TERSAA repose également sur la mise en réseau, l’information et la mobilisation des acteurs des territoires d’intervention sur les enjeux de l’alimentation locale. Ainsi, de nombreux événements en faveur du consommer local et de la promotion des produits locaux ont été organisés : émissions de radio, séances de sensibilisation dans les écoles (plus de 6000 écoliers sensibilisés), participation à des foires ou évènements régionaux ainsi que des sensibilisations-dégustations.

En outre, 86 réunions de concertation multi-acteurs organisées dans le cadre du programme ont favorisé la prise de décisions stratégiques. En effet, près de 10 engagements et/ou politiques publiques et de nombreux accords commerciaux ont ainsi été formulés en Afrique de l’Ouest et en Amérique latine. À travers des actions de plaidoyer en faveur de la commande publique et des appuis à l’élaboration de plans alimentaires territoriaux, le programme TERSAA entend mobiliser les acteurs, notamment institutionnels et politiques, en faveur des systèmes alimentaires durables. L’objectif est d’aboutir à des partenariats économiques durables et équitables et permettre aux organisations de producteurs d’atteindre les marchés institutionnels.

Perspectives à venir pour la suite du programme TERSAA

Ces résultats encourageants et l’analyse des données collectées sur la première période de mise en œuvre du programme permettent d’ores et déjà de dégager des axes de renforcement sur plusieurs aspects. Par exemple, si de nombreux accords commerciaux ont pu être passés, l’enjeu à présent est de les pérenniser dans le temps et de les formaliser. De plus, au vu des impacts toujours plus importants du changement climatique, le programme continuera de renforcer les mesures d’adaptation et l’accompagnement des pratiques résilientes, afin de mieux anticiper leur aggravation. En effet, l’accès à l’eau, déjà problématique sur plusieurs territoires, tend à devenir un enjeu majeur incontournable au cours des prochaines années.


Le programme TERSAA bénéficie du soutien financier de l’Agence française de développement (AFD), d’Air France, de SERVAIR, de la Communauté d’Agglomération Roissy Pays de France, de la Fondation AnBer, de la Fondation Bel, de la Fondation Ditumba, de la Fondation Girafe Formations, de la Fondation Lord Michelham, de la Fondation de France et du Comité Français pour la Solidarité Internationale.