Projet ABA : Territoires « Aquatiques » bio-culturels adaptatifs dans les zones humides du sud du Cesar et du cours inférieur du fleuve Magdalena, en Colombie

Stratégies d’adaptation au changement climatique basées sur des systèmes bio-culturels

La Cienaga de Zapatosa, reconnue depuis 2018 comme site d’importance internationale pour la conservation par la convention RAMSAR, fait partie du bassin versant du fleuve Magdalena, principal fleuve de Colombie. Elle amortit les crues de ce fleuve et du fleuve César et protège les populations en aval de potentielles inondations. Néanmoins, sa dégradation liée au changement climatique met en péril les systèmes socioécologiques et productifs incapables d’affronter les conséquences de la dégradation des écosystèmes. Cette dégradation et le contexte social défavorable aux communautés rurales de pêcheurs et de paysans ont pour conséquence de générer un manque de commerce équitable et d’accès aux ressources productives entraînant une dépendance à la pêche comme source quasi unique de nourriture et de revenus. À cette faible sécurité et souveraineté alimentaire pour les familles et instabilité économique s’ajoute la rupture dans la relation entre les communautés et les ressources naturelles qui se traduit par une perte des pratiques traditionnelles et une faible gouvernance locale sur les ressources à usage commun.

 

L’Action

Le projet ABA s’inscrit dans la continuité de l’action antérieurement menée par la Fondation ALMA et Acting for Life sur le territoire de la Cienaga de Zapatosa. Il cherche à comprendre et à traiter certaines conséquences du changement climatique qui se manifestent dans les dynamiques écologiques, productives, économiques et de gouvernance locale. Il inclut également dans son analyse la relation entre les inégalités de genre et la vulnérabilité des systèmes bio-culturels, pour la construction, la mise en œuvre et le suivi des stratégies proposées.

Le projet va permettre

  • La restauration, conservation et utilisation durable de zones de forêts tropicales sèches et de forêts riveraines présentant un intérêt stratégique pour la lutte contre le changement climatique.
  • La mise en œuvre de stratégies de productivité agroécologique, basées sur une approche d’économie sociale et solidaire, pour améliorer la sécurité et la souveraineté alimentaires.
  • La construction et la mise en place d’outils et d’un processus de gouvernance socio-écologique pour promouvoir une gestion territoriale intégrée multi-acteurs.
  • Le modèle d’intervention, construit sur la base de la méthodologie d’adaptation au changement climatique AbE (Adaptation basée sur les Ecosystèmes) permet une approche globale des différents problèmes, afin de réduire la vulnérabilité des systèmes bio-culturels, en augmentant leur résilience environnementale et leur capacité d’adaptation.

Les indicateurs clefs et impacts

  • Près de 50 Ha de forêts tropicales sèches et de forêts riveraines sont protégés, restaurés et utilisés de manière durable.
  • Des stratégies de productivité agro-écologique, basées sur une approche d’économie sociale et solidaire, sont mises en œuvre pour améliorer la sécurité et la souveraineté alimentaires parmi lesquelles une stratégie de gestion du sol et de de l’eau et une stratégie de renforcement des capacités en matière d’Économie Sociale et Solidaire.
  • Augmentation de 15% de l’autoconsommation familiale.
  • 15 familles commercialisent collectivement leurs produits agroécologiques.
  • 2 banques de semences autochtones en activité.
  • 70 femmes sont formées sur des thématiques d’agroécologie, d’économie social et solidaire, d’adaptation au changement climatique.
  • Au cours du projet, un système de suivi communautaire est conçu et un réseau de citoyens est consolidé à l’échelle des trois districts où intervient le projet.
  • 40 membres de la Maison de la Culture sont formées dans le domaine artistique, politique, pédagogique et organisationnel ; et 200 personnes sont formées autour de stratégies d’adaptation, garantissant la conservation, la restauration, la pérennité et la gouvernance du territoire.
  • Un document final sur le suivi de l’approche genre et un rapport final de systématisation du système de suivi seront réalisés à la fin du projet.

Ce projet est soutenu par Air France et la Fondation Taroko.

Partenaires Locaux du projet :

    • Fundación Alma

      La Fundación Alma est une organisation qui œuvre en faveur de la protection et la préservation des ressources naturelles. Avec plus de 30 ans d’intervention, elle s’est spécialisée dans la gestion durable de zones humides, notamment dans le bassin versant du fleuve Magdalena dans le nord de la Colombie.