
« Je suis très satisfaite, car c’est quelque chose que je souhaitais : avoir des pâturages, du bétail, et cela me rend très heureuse. »
Au cœur des montagnes andines, une éleveuse a progressivement transformé son exploitation familiale grâce au soutien de CCAIJO. Entre amélioration des pratiques d’élevage, augmentation de la production laitière et accès à l’éducation pour ses enfants, son histoire illustre l’impact durable de l’appui apporté aux familles rurales.
Quinze années d’accompagnement, d’apprentissage et de progrès
Lorsque cette éleveuse rejoint son mari dans sa communauté, l’exploitation familiale compte seulement quelques bovins de petite taille qui produisent très peu de lait. « Je me souviens qu’il y avait environ six vaches, mais elles ne donnaient pratiquement pas de lait », raconte-t-elle.
À cette époque, les animaux se nourrissent essentiellement d’herbes naturelles et de paille. Les rendements sont faibles et les revenus limités. C’est alors que commence l’accompagnement de CCAIJO, dont elle bénéficie depuis près de quinze ans.
Les formations reçues vont profondément transformer les pratiques de l’exploitation. Après l’introduction de races laitières plus productives, les familles apprennent à cultiver des pâturages améliorés, à les irriguer et à mieux nourrir les animaux.
« Avant, nos vaches produisaient seulement deux ou trois litres de lait par jour. Aujourd’hui, certaines nous donnent jusqu’à quinze litres, et même vingt litres par jour. »
Une amélioration concrète des conditions de vie
Grâce à ces améliorations, le troupeau s’est considérablement agrandi. L’éleveuse possède aujourd’hui 22 têtes de bétail, dont quatre vaches actuellement en production et neuf autres gestantes.
Chaque journée commence très tôt. Avant toute autre activité, elle consacre son temps aux animaux : traite des vaches, alimentation du troupeau, approvisionnement en eau et entretien de l’exploitation. Un travail exigeant mais qu’elle accomplit avec fierté. « J’ai toujours rêvé d’avoir un bon élevage », explique-t-elle.
L’augmentation de la production laitière a permis d’améliorer significativement les revenus du ménage. La famille peut désormais mieux faire face aux dépenses du quotidien et même épargner une partie de ses revenus.
« Nous pouvons acheter des médicaments lorsque nous en avons besoin et notre alimentation s’est également améliorée », explique-t-elle avec satisfaction.
Cette stabilité économique a également permis d’investir dans l’avenir de ses enfants. Mère de cinq enfants, elle considère leur éducation comme l’une de ses plus grandes réussites car tous sont en études : machinerie agricoles, sciences de l’éducation ou encore industrie agroalimentaire. Les plus jeunes se préparent leur entrée dans des formations professionnelles ou continuent leur scolarité.
Voir ses enfants accéder à l’enseignement supérieur représente pour elle une immense fierté et la preuve que les efforts consentis depuis des années portent leurs fruits.
Des défis qui demeurent et une vision tournée vers l’avenir
Malgré les progrès réalisés, certains défis persistent. La croissance du troupeau nécessite désormais des infrastructures adaptées. L’éleveuse souhaiterait notamment construire un espace dédié aux veaux et une salle de mise bas afin de réduire la mortalité des jeunes animaux, particulièrement vulnérables aux conditions d’altitude.
Elle aimerait également agrandir sa salle de traite, aujourd’hui trop petite pour accueillir l’ensemble de son troupeau. « Il nous faudrait des infrastructures adaptées pour que tout l’élevage puisse se développer dans de bonnes conditions », souligne-t-elle.
Malgré les difficultés, cette éleveuse regarde l’avenir avec optimisme. L’élevage est devenu bien plus qu’une activité économique : il représente un projet de vie qui lui a permis d’améliorer durablement les conditions de sa famille. « Je suis très heureuse. C’était mon souhait d’avoir des pâturages, du bétail et une exploitation qui fonctionne bien. Aujourd’hui, nous avons progressé et nous voulons continuer à développer notre élevage. »
Son parcours témoigne de l’importance de l’accompagnement technique, de la formation et de l’investissement des familles rurales. Grâce à sa détermination et au soutien de CCAIJO, elle a réussi à transformer une petite exploitation peu productive en une activité capable d’assurer l’avenir de toute sa famille.

Depuis une quinzaine d’année, Ceferina a bénéficié de l’accompagnement de CCAIJO, notamment au travers de projets avec Acting for Life. Depuis 2021, l’Agence française du développement (AFD) soutient ces actions dans le cadre du programme TERSAA I et II (Transition des Systèmes Agricoles et Alimentaires sur les Territoires).
L’association Jesus Obrero, CCAIJO, est une organisation péruvienne qui accompagne les communautés rurales de la région de Cusco dans le développement de l’agriculture et de l’élevage. Partenaire historique d’Acting for Life, elle œuvre depuis plusieurs décennies pour améliorer durablement les conditions de vie des familles rurales grâce à la formation et à l’appui technique.
TERSAA I (2021-2025) et sa suite TERSAA II (2025-2028) est un programme porté par Acting for Life et ses partenaires locaux qui accompagne la transition vers des systèmes agricoles et alimentaires plus durables, résilients et inclusifs en Afrique de l’Ouest et en Amérique latine. Cette deuxième phase est principalement financée par l’AFD, avec le soutien de plusieurs fondations et entreprises partenaires engagées : Air France, Fondation Bel, CFSI, CARPF, Fondation de France et Servair.



