10 000 ménages pastoraux parmi les plus impactés par la crise sécuritaire et climatique

La plupart des analyses[1] posent trois constats principaux expliquant la montée de l’extrémisme violent dans les régions frontalières du nord du Burkina Faso :

  • les tensions et conflits au niveau local, concernant notamment l’usage des ressources, sont instrumentalisés par les groupes extrémistes violents
  • ce sont souvent les circonstances économiques et sociales qui poussent les jeunes vers l’extrémisme bien plus que l’adhésion à une idéologie religieuse extrême
  • si l’agropastoralisme est l’activité première de la majorité des populations de ces zones, la composante pastorale n’est pas toujours prise en compte par les projets de développement.

L’Action

Le projet PASRAP se base sur ce triple constat. Son objectif principal est de renforcer la cohésion sociale et la stabilité socio-économique des territoires transfrontaliers stratégiques fragilisés par la crise sécuritaire et climatique afin de contenir l’instrumentalisation des conflits locaux, de diminuer les tensions autour de l’usage des ressources et de développer l’économie des territoires. Le projet a un impact direct et positif sur les revenus, la sécurité alimentaire, la nutrition et les réseaux sociaux, évitant ainsi le glissement vers la radicalisation.

Il s’agit de soutenir le dialogue intercommunautaire et pluri-acteurs afin de prévenir et résoudre pacifiquement les dissensions. Les activités appuient la résilience d’au moins 10 000 ménages pastoraux et agropastoraux en augmentant la productivité de leur cheptel.

La méthodologie employée comprend un renforcement des capacités basé sur l’instauration de débats informés multi-acteurs. Le PASRAP a pour cible le renforcement des acteurs des secteurs pastoraux et agropastoraux mais aussi de l’ensemble des producteurs et des autorités locales. Les tensions et conflits autour de l’accès aux ressources sont apaisés grâce à la réalisation d’aménagements stratégiques (pistes sécurisées et aménagées, aménagements hydrauliques, systèmes de gestion conjointe des aménagements, amélioration de l’accès aux marchés à bétail etc.).

Le projet va permettre de

  • Renforcer de la cohésion sociale à travers la mise en place de débats informés entre les acteurs clefs de la filière.
  • Former le personnel technique des Organisations de la Société Civile, des Collectivités Locales et des Services Techniques, d’espaces de dialogue intercommunautaires, et de dispositifs de veille communautaire sur les enjeux sociaux et économiques des territoires.

Les indicateurs clefs et impacts

  • La cohésion sociale est renforcée à travers la mise en place d’espaces de dialogue et de concertation concernant les enjeux sociaux et économiques des territoires.
  • Les tensions et conflits autour de l’accès aux ressources sont apaisés grâce à la réalisation d’aménagements stratégiques.
  • La situation socio-économique des populations est améliorée et la filière valorisée pour un apaisement social.

[1] (International Crisis Group 2017, Nsaibia, H et W Caleb 2018, Loada et Romaniuk 2014)

Partenaires Locaux du projet :

  • Burkina Faso

    • APESS-Burkina Faso (Association pour la Promotion de l’Élevage au Sahel et en Savane)
      L'Association pour la Promotion de l’Élevage au Sahel et en Savane (APESS) travaille dans le domaine du Développement Rural, plus particulièrement dans le secteur de l'élevage traditionnel. L'APESS offre ses services aux éleveurs et agriculteurs, mais aussi aux responsables et acteurs de différents projets de développement rural. L'APESS est demandeur principal sur ce projet.
    • RECOPA (Réseau de Communication sur le Pastoralisme)
      Le RECOPA est spécialisé dans l’approche multi-acteurs, et ont vocation de créer et stimuler les liens entre les pasteurs, les sociétés rurales locales et les autorités, autour des questions relatives au pastoralisme. Leur rôle majeur porte sur les aspects immatériels mais stratégiques qui conditionnent le processus de développement du pastoralisme.